Avez-vous remarqué la confusion qui règne dans le langage courant quant à l’emploi des expressions « bon courage » et « bonne chance » ?
Depuis environ deux ans, je suis étonnée d’entendre de plus en plus fréquemment, dans le langage populaire, l’expression « bonne chance » là où le sens nous laisserait attendre « bon courage ».
Si de nombreuses situations peuvent appeler indifféremment les deux expressions (on peut souhaiter la chance ou le courage à celui qui passe un examen, un entretien, etc…), elles ne sont pour autant pas interchangeables.
Les mots ont un sens.
Avoir du courage implique une attitude active, pugnace.
Avoir de la chance est un bonheur passif, une attitude réceptive.
Si l’on aimerait tous être pourvus des deux, il n’en demeure pas moins que les deux notions ne s’équivalent pas. Il est donc gentil mais sémantiquement maladroit de souhaiter à quelqu’un « bonne chance » pour une longue journée de travail ou pour un gros ménage.
C’est pourtant une tendance furieusement actuelle en matière de barbarisme.
Mais ne faut-il y voir qu’une maladresse innocente ?
Une rumeur court chez les profs de lettres et autres amoureux des mots : les choix de langage traduiraient une manière de penser, une vision du monde…
N’est-ce vrai que chez les poètes ? Ca m’étonnerait.
Il faudrait donc faire l’hypothèse que cette apparente confusion traduirait une vision du monde où la chance tiendrait lieu de courage…
Philosophie fataliste (puisque rien ne sert de lutter, tout est affaire de destin) ?
Symptôme parmi d’autres du retour de la pensée religieuse (étant donné qu’on se remet entre les mains d’une force supérieure) ?
Féminisation d’une société tendant à la pensée magique (je rigole…)?
Généralisation d’une culture de l’assistanat?
Je vous laisse le plaisir de conclure.
Filed under: Non classé | 2 Comments
Tags: chance, courage, fatalisme, pensée religieuse, sens
Bonjour,
Je pensais être le seul irrité par cette confusion déplaisante.
Aussi bon courage dans cette entreprise d’exégèse de lieux-communs. Et bonnes vacances.
à une semaine des partiels un chargé de td, après nous avoir rendu des interros plus ou moins bonnes, nous a souhaité “bon courage à certains, bonne chance aux autres!”